Comprendre

En quoi consiste le projet développé par le CELAA ?

Avec un taux de recyclage de 32%, l’aluminium fait partie des matériaux d’emballages les moins bien valorisés comparé au taux global de recyclage des emballages ménagers de 67%. Les bénéfices écologiques et économiques de la valorisation de l’aluminium sont pourtant indéniables puisqu’il présente l’avantage d’être recyclable à 100% et ce à l’infini.

Pour améliorer le recyclage de ces emballages, le CELAA a initié 4 expérimentations pilotes dans les centres de tri des départements des Alpes-Maritimes, du Var et du Lot en 2010 puis des Hauts-de-Seine en 2012. Grâce aux financements versés par Nespresso et d’autres membres du CELAA, 4 centres de tri pilotes ont pu être équipés du dispositif de tri adapté. Ces expérimentations ont démontré qu’une grande partie des emballages en aluminium et en acier réceptionnés par les centres de tri, notamment ceux de petite taille (feuilles aluminium, capsules de café, bougies chauffe-plat, boîtes boisson et conserves de petit format, bouchons à vis…) tombaient dans ce qu’on appelle les “refus de tri“ et n’étaient par conséquent pas recyclés alors qu’ils pouvaient être récupérés via l’installation de machines à courants de Foucault sur les « refus de tri ».

Les 3 années d’expérimentation menées par le CELAA ont permis d’établir la faisabilité technique, l’intérêt économique et la pertinence environnementale de la récupération de l’aluminium et de l’acier issus des refus dans les centres de tri.

Au cours du second semestre 2012, un premier bilan des trois expérimentations pilotes à été établi, avec l’appui des équipes techniques d’Eco-Emballages.

Bilan technique

L’installation d’une machine à courants de Foucault pour trier les emballages en aluminium présents dans les refus de tri ou les fines s’est révélée particulièrement efficace puisque les centres de tri pilotes ont augmenté le taux de récupération de l’aluminium de 12 à 200%, et ont de plus, récupérer davantage d’emballages en acier présents eux aussi dans les refus ou les fines.
Ils ont, de plus, recyclé davantage d’emballages en acier qui étaient eux aussi présents dans les refus.

Le CELAA a également travaillé à la consolidation de la filière de reprise et de valorisation des emballages souples en aluminium aux côtés de France Aluminium Recyclage. Les emballages rigides ou semi-rigides en aluminium pourront toujours être envoyés dans les filières de reprise classiques (recyclage de l’aluminium dans les fours de fusion). Les emballages souples en aluminium seront, quant à eux, orientés vers une unité de pyrolyse qui garantira un recyclage efficace.

Qu'est-ce que la pyrolyse ?
La pyrolyse est un procédé qui permet de recycler les aluminiums recouverts d'un vernis ou d'une couche de plastique. Cette technique consiste à porter les emballages à une température comprise entre 500 et 550°C dans une atmosphère pauvre en oxygène. Les produits organiques (vernis, laques, plastiques ou papiers) sont ainsi brûlés alors que l'aluminium reste intact. Cette technique permet donc de valoriser l'aluminium qui serait en grande partie brûlé dans un four de fusion traditionnel dont la température est comprise entre 750° et 850°. On obtient avec la pyrolyse des granulats, des poudres ou des fragments d'emballages.

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Bilan économique

Cet investissement, assez modeste à l’échelle d’un centre de tri, bénéficie d’un bon amortissement dans les centres qui traitent un volume de déchets important et dont les performances de tri de l’aluminium et de l’acier étaient peu élevées avant l’expérimentation.
Les revenus liés à la revente des matériaux, l’économie de l’enfouissement et les soutiens versés par Eco-Emballages à la tonne supplémentaire augmentent d’autant plus lorsque les collectivités étendent leurs consignes de tri et encouragent les habitants à jeter tous les emballages métalliques, quelle que soit leur taille, dans le bac de tri (ce qui, par ailleurs, simplifie le geste de tri).

Bilan environnemental

Sur la durée de l’expérimentation, ce sont près de 250 tonnes d’emballages métalliques qui ont échappé à l’enfouissement ou à l’incinération et ont pu être recyclés.

S’engager dans le « Projet métal » passe donc à la fois par une optimisation technique du centre de tri, par la modification du geste de tri de l’habitant et par l’adaptation de la filière de reprise à ces petits emballages.