Comprendre

En quoi consiste le projet développé par le CELAA ?

En 2009, l’aluminium faisait partie des matériaux d’emballages les moins bien valorisés (32%), comparé au taux global de recyclage des emballages ménagers de 63%. Les bénéfices environnementaux du recyclage de l'aluminium sont pourtant indéniables puisque l'aluminium présente l’avantage d’être recyclable à 100% et à l'infini. Son recyclage permet d'économiser 95% de l'énergie nécessaire à la production de l'aluminium primaire.

Pour améliorer le recyclage de ces emballages, le CELAA a initié 4 expérimentations pilotes dans les centres de tri des départements des Alpes-Maritimes, du Var et du Lot en 2010 puis des Hauts-de-Seine en 2012. Grâce aux financements versés par Nespresso et d’autres membres du CELAA, 4 centres de tri pilotes ont pu être équipés du dispositif de tri adapté.

Ces expérimentations ont démontré qu’une grande partie des emballages en aluminium et en acier réceptionnés par les centres de tri, notamment ceux de petite taille (feuilles aluminium, capsules de café, bougies chauffe-plat, boîtes boisson et conserves de petit format, bouchons à vis...) tombaient dans ce qu’on appelle les “refus de tri“ et n’étaient par conséquent pas recyclés alors qu’ils pouvaient être récupérés via l’installation de machines à courants de Foucault sur les « refus de tri ».

Les 3 années d’expérimentation menées par le CELAA ont permis d’établir la faisabilité technique, l’intérêt économique et la pertinence environnementale de la récupération de l’aluminium et de l’acier issus des refus dans les centres de tri. Au cours du second semestre 2012, un premier bilan des trois expérimentations pilotes a été établi, avec l’appui des équipes techniques de CITEO. Ce bilan positif aussi bien sur les plans technique, économique et environnemental a conduit le CELAA, CITEO, l’Association des Maires de France et le Fonds de dotation pour le recyclage des petits aluminiums créé par Nespresso à lancer le Projet Métal en 2014.

Ce Projet, renouvelé en 2017, a pour objectif de permettre à 30 millions de Français de pouvoir trier, en 2022, l’ensemble de leurs emballages métalliques.
Grâce à ce Projet, ce sont déjà près de 10 millions de Français qui peuvent aujourd'hui trier leurs emballages métalliques.

Pour retrouver la carte de France des centres de tri équipés pour trier tous les emballages métalliques, cliquez ici.

L’installation d’une machine à courant de Foucault, pour trier les emballages en aluminium présents dans les refus de tri ou les fines, se révèle particulièrement efficace puisque les centres de tri ont fortement augmenté le taux de récupération de l’aluminium (+ 65% en moyenne). Ils ont, de plus, recyclé davantage d’emballages en acier qui étaient eux aussi présents dans les refus (+ 10% en moyenne).

Afin de fournir à l'ensemble des acteurs intervenant dans les centres de tri des outils pour mieux trier les emballages métalliques, un guide de bonnes pratiques pour l'amélioration du tri des emballages en acier et en aluminium a été rédigé par CITEO, en partenariat avec le CELAA, France Aluminium Recyclage, ArcelorMittal et l'ADEME.

Pour retrouver le guide de recommandations pour l'amélioration du tri des emballages en acier et en aluminium, cliquer ici.

Le CELAA a également travaillé à la consolidation de la filière de reprise et de valorisation des emballages souples en aluminium aux côtés de France Aluminium Recyclage. Les emballages rigides ou semi-rigides en aluminium peuvent toujours être envoyés dans les filières de reprise classiques (recyclage de l’aluminium dans les fours de fusion). Les emballages souples en aluminium sont, quant à eux, orientés vers une unité de pyrolyse qui garantit un recyclage efficace.

Qu'est-ce que la pyrolyse ?

La pyrolyse est un procédé qui permet de recycler les aluminiums recouverts d'un vernis ou d'une couche de plastique. Cette technique consiste à porter les emballages à une température comprise entre 500 et 550°C dans une atmosphère pauvre en oxygène. Les produits organiques (vernis, laques, plastiques ou papiers) sont ainsi brûlés alors que l'aluminium reste intact. Cette technique permet donc de valoriser l'aluminium qui serait en grande partie brûlé dans un four de fusion traditionnel dont la température est comprise entre 750° et 850°. On obtient avec la pyrolyse des granulats, des poudres ou des fragments d'emballages.

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Bilan économique

Cet investissement, assez modeste à l’échelle d’un centre de tri, bénéficie d’un bon amortissement dans les centres qui traitent un volume de déchets important.

Les revenus liés à la revente des matériaux, l’économie de l’enfouissement et les soutiens financiers versés par CITEO d'une part et le Fonds de dotation pour le recyclage des petits aluminiums créé par Nespresso d'autre part, permettent aux collectivités d'amortir rapidement leur investissement. Ces revenus augmentent d’autant plus lorsque les collectivités étendent leurs consignes de tri et encouragent les habitants à jeter tous les emballages métalliques, quelle que soit leur taille, dans le bac de tri, simplifiant ainsi le geste de tri des habitants.

Bilan environnemental

Pour l'année 2016, ce sont 340 tonnes d’emballages en aluminium et 510 tonnes d'acier qui ont échappé à l’enfouissement ou à l’incinération et ont pu être recyclés, soit 3250 tonnes de carbone économisées.